Le 21 avril 2002 a été vécu comme un véritable électrochoc en France.
Mais au lieu de remettre en question la fiabilité de la démocratie,
cet événement a vu la démocratie aller contre ses propres principes.
Parmi ces "hypothèses ad hoc" qui ont été adjointes à la démocratie pour
en permettre la sauvegarde, on note :
- la mise en place de procurations beaucoup plus faciles. J’ai
personnellement tâché d’avoir une procuration pour le premier tour... en vain.
Mais pour le deuxième tour, pour empêcher Le Pen d’accéder au pouvoir, on a fait
fonctionner à plein la « machine à procuration ». Et aujourd'hui, en 2007, on se félicite d'avoir rendu ces
procurations encore plus faciles.
- une propagande médiatique assez grossière qui consistait à relever tous
les propos racistes du Président du FN, tout en prenant soin de ne pas rappeler ceux
du Président sortant. Parler du dérapage de Chirac sur « le bruit et l’odeur » des
étrangers eut été vu comme favorisant trop Le Pen. Si bien qu’évoquer le racisme de
Chirac ne semblait digne... que des pires racistes.
- Enfin une propagande médiatique plus subtile qui consistait
à appeler les gens à aller voter. Sachant que l’abstention a toujours
favorisé les extrêmes, on peut dire qu’un tel appel à la mobilisation
était un appel direct à mettre un bulletin Chirac dans l’urne. De la même façon,
l’appel au vote que l’on constate dans les médias en 2007 est un appel à ne pas voter aux extrêmes.
Ce sont là autant d’infractions aux droits de l’homme et du citoyen.
Pourquoi en arriver là ? Sans doute parce que nos dirigeants ont bien compris
qu’on ne pouvait faire totalement confiance aux électeurs. Mais au lieu de s’en
remettre à des électeurs compétents et responsables, on préfère donner l’illusion à
chaque citoyen qu’il décide du destin de son pays... alors même qu’on le manipule.
Un tel système est évidemment gagnant-gagnant pour nos dirigeants. L'abrutissement des foules
permet aux pires élus de se faire toujours et encore réélire, en flattant les
bas-instincts des électeurs, au détriment de leur raison.
Et le jour où les extrêmes viennent jouer sur ce terrain, le jour où les extrêmes arrivent à animer les pires
passions des électeurs, on crie au loup, on fait marcher la machine médiatique...
et on se fait réélire. Ainsi évite-t-on toute remise en question de la compétence de nos dirigeants,
de celle de nos électeurs et la démocratie continue de passer pour le meilleur régime politique possible.
REAGISSEZ SUR LE FORUM