La faillite de la démocratie

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De la nécessité d'un permis de voter
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Les leçons du 22 avril 2002

Les résultats du premier tour de la Présidentielle 2007 sont assez déroutants pour qui croit sincèrement dans les vertus de la démocratie. Si on compare ces résultats à ceux du Référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, on ne peut manquer de s’étonner. En effet, alors même que seuls 45% des électeurs avaient, en 2005, défendu ce traité ; ils sont, en 2007, 77% à voter pour un candidat défendant ledit traité.

Quelles hypothèses peut-on faire pour interpréter ce différentiel ?

- La première hypothèse consiste à dire que les électeurs ne votent pas pour des idées, mais pour des images. Dès lors, ils peuvent voter pour un candidat qui va contre leurs idées. Cette réponse n’est bien évidemment pas celle de la majorité des commentateurs politiques, qui ne manquent jamais de souligner l’intelligence de l’électorat.

- La deuxième hypothèse a bien plus de succès au sein des journalistes politiques. Elle revient à dire que les questions internationales, et notamment européennes, ne sont pas structurantes de l’élection présidentielle. Autrement dit, l’Europe ne serait pas au centre des préoccupations des électeurs. Cela rendrait la dichotomie entre ces deux résultats moins incohérente. Mais cela apporterait une nouvelle preuve de l’ignorance des électeurs puisque 80% des lois votées en France, et non des moindres, ne sont que l’application de lois européennes. L’enjeu européen est donc bien le premier enjeu des élections nationales... quoi qu’en aient dit les candidats dominants de l’élection (qui avaient tout intérêt à étouffer ces enjeux, pour mieux récupérer un électorat hostile).

- Enfin, dernière hypothèse crédible : l’opinion publique aurait changé concernant ce Traité Constitutionnel. Mais qui croit sincèrement que si on devait aujourd’hui organiser en France un référendum sur ce texte, le camp du Oui aurait la moindre chance de faire plus de 75% (ou même plus de 50%) des suffrages exprimés ?

De toutes ces interprétations, il semble donc que seule la première soit valable. Car si on part du principe que les électeurs votent de manière passionnelle, on peut tout à fait comprendre l’irrationalité de leurs votes. La seconde hypothèse a également un certain intérêt explicatif : connaissant l’immaturité de son électorat, et donc sa versatilité, les candidats savent très bien changer les termes d’un débat afin que des électeurs opposés à leurs idées votent finalement pour eux.

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