La faillite de la démocratie

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De la nécessité d'un permis de voter
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La candidature à la Présidentielle et les 500 signatures

Aujourd’hui, pour se présenter aux élections présidentielles françaises, il faut compter 500 signatures d’élus. Beaucoup s’indignent de cette contrainte. Il n’est pas acceptable, en démocratie, d’empêcher ainsi certains candidats de se présenter aux élections.

Il est vrai que, d’un point de vue strictement démocratique, une telle mesure est difficilement intelligible. Mais si nous essayons de nous échapper de ce point de vue bien restreint, si nous essayons simplement de réfléchir au bien-fondé de ce type de loi, sa justification devient bien plus aisée.

En effet, ces signatures d’élus empêchent les candidats les plus farfelus et les plus extrémistes d’accéder à la magistrature suprême. Bien évidemment, on pourrait également demander aux candidats de présenter la signature de cent mille citoyens. Mais chacun voit bien combien il est plus aisé d’obtenir ces signatures, tant les citoyens sont facilement manipulables. Donner le pouvoir de choisir qui peut se présenter à l’élection présidentielle au peuple ne peut en aucun cas empêcher les candidats les plus populistes d’accéder à ladite élection. Même le candidat le plus raciste qui soit trouvera aisément cent mille esprits faibles pour le suivre dans sa candidature.

Nous voyons donc la nécessité pour toute démocratie d’introduire une dose d’aristocratie, c’est-à-dire une dose de permis de voter, dans ses procédures électorales. C’est d’ailleurs dans une perspective similaire qu’on empêche les mineurs de voter.

Toutefois, cette dose est bien trop infinitésimale pour être vraiment efficace. Car, au final, ces élus qui peuvent donner leurs signatures aux candidats, sont choisis par le peuple.

Certes, ils seront toujours plus responsables dans leur choix que les citoyens car ils sont redevables de leur choix devant leurs électeurs (contrairement aux citoyens, qui n’ont de comptes à rendre à personne). Mais rien ne nous assure de ce que ces élus soient compétents pour choisir qui peut se présenter aux Présidentielles.

Et, finalement, quand la démocratie en vient à se contredire à ce point, quand elle a besoin de recourir à une forme d’aristocratie pour ne pas sombrer trop rapidement dans le populisme, pourquoi encore croire en elle ? Pourquoi ne pas croire plutôt dans une aristocratie bien pensée, c’est-à-dire dans un système politique qui remette vraiment le pouvoir de choisir un candidat dans les mains des personnes les plus aptes à faire ce choix ?

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