L’abstentionnisme est un phénomène récurrent des démocraties modernes.
Les choix politiques opérés par un pays sont souvent la résultante d’un
vote où seule la moitié du peuple s’est rendue aux urnes.
Comment la démocratie peut-elle se satisfaire d’une telle fuite des électeurs ?
Comment les démocratistes peuvent-ils se satisfaire de cet état de fait ?
Comment concilient-ils cet abstentionnisme massif avec le fait qu’une élection se joue bien souvent à 1 ou 2% ?
Sans doute se disent-ils que seules vont voter les personnes les plus intéressées par la politique.
Sans doute pensent-ils qu’il existe quelque chose comme une sélection naturelle qui permet
d’exclure de l’élection les personnes les moins compétentes pour choisir leurs dirigeants politiques.
Mais si l’on en vient à justifier ainsi l’abstentionnisme, pourquoi laisser cette sélection
au gré des envies électorales des uns et des autres ? Pourquoi ne pas s’assurer que ce sont
vraiment les plus compétents qui se rendent aux urnes ?
Car il existe bien trop de variations dans l’abstentionnisme d’un même peuple pour expliquer
l’abstentionnisme par la seule compétence ou incompétence présumée des électeurs.
En effet, les démagogues se félicitent habituellement des 85% de participation de la
dernière élection présidentielle française. Un score qu’on ne retrouve guère que dans
les pays où le vote est obligatoire. Et ils ne manquent pas d’opposer ce score au permis de voter.
Si autant de personnes se sentent concernées par la politique, pourquoi vouloir les déposséder de leur vote ?
Mais personne ne se demande pourquoi cette participation a tellement augmenté. A quel prix a-t-on
atteint cette participation ?
Bien évidemment au nom d’un rabaissement du débat vers le bas. Au nom de formules simplistes,
au nom de propositions au dessous de la ceinture ou au cœur du portefeuille. En oubliant
que l'intérêt général est le but de la politique, en ne flattant que les intérêts particuliers,
on est sûr de s’attribuer les bonnes grâces des électeurs. Les uns se précipitent aux urnes
pour sauver leurs quelques privilèges ; les autres y courent pour s’assurer d’en glaner de nouveaux.
Dès lors, l’augmentation quantitative des électeurs ne signifie en rien l’augmentation qualitative de leur vote.
Et l'on se demande, encore et toujours, pourquoi les démocratistes veulent-ils laisser la sélection des électeurs
au beau temps le jour du vote ou au caractère plus ou moins démagogue des candidats, plutôt qu'à un test objectif
des compétences desdits électeurs.
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