La faillite de la démocratie

ou

De la nécessité d'un permis de voter
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Pas de droits sans devoirs

« Pas de droits sans devoirs ». Voilà un thème qui a fait l’unanimité pendant la campagne présidentielle 2007. De Royal à Sarkozy, on a défendu cette idée : on ne peut octroyer un droit à un citoyen sans lui imposer un devoir correspondant.
Mais il est étonnant que personne ne se soit interrogé sur la nécessité d’accoupler un devoir au premier droit des citoyens : le droit de vote. Pourquoi ce premier des droits n’appellerait-il aucun devoir ? Pourquoi le droit dont découlent tant de conséquences devrait-il rester dépourvu de toute contrepartie ?

Il est vrai qu’il n’est pas aisé de définir le type de devoir que l’on pourrait attacher à ce droit. Toutefois, Rousseau nous offre une piste quand il nous dit que, pour atteindre la volonté générale, il faut que le peuple soit « suffisamment informé » (Du Contrat Social, II, 3). En effet, à quoi bon donner le droit de vote à un peuple privé de l’information nécessaire au vote intelligent (c’est-à-dire non pas, au vote pour tel ou tel, mais au vote en bonne intelligence des programmes politiques).
Et dès lors qu’on impose ce devoir d’être suffisamment informé au peuple… il faut trouver un moyen de contrôler la réalisation de ce devoir. Cela passe évidemment par un examen qui sanctionne la capacité à voter des citoyens.

Cette question des devoirs attachés à chaque droit nous conduit donc, une fois encore, à la nécessité impérieuse de recourir à un permis de voter.

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