La faillite de la démocratie

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De la nécessité d'un permis de voter
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Fais ton droit!

L’idée du permis de voter n’est guère dans l’air du temps. A l’heure où l’on discrédite les élites, la thèse d’une meilleure sélection des masses électorales est difficile à faire comprendre.Même si on n'entend pas remettre le pouvoir à quelques dizaines d'énarques, même si le permis de voter vise à réduire le corps électoral français à trois ou quatre millions de personnes, l'idée de personnes plus compétentes pour choisir nos dirigeants ne passe pas. Pourquoi?

Aujourd’hui, il ne fait pas bon dire qu’il existe des vérités en politique, que toutes les thèses ne se valent pas. Aujourd’hui, il faut croire, et surtout faire croire, que tout se vaut. Aujourd’hui, on ne cherche donc plus à atteindre une vérité politique ; on écoute jusqu’au plus basses aspirations du peuple et on se les approprie. De sorte qu’on en vient à brocarder les énarques, pour mieux porter aux nues ces mercenaires capables de défendre n’importe quelle thèse (pourvu qu’elle soit « porteuse ») : les avocats.

Bien évidemment, l’arrivée des avocats dans la vie politique n’a rien de bien nouveau. Mais, depuis la création de l’ENA, on ne recourait à des avocats qu’avec parcimonie. Si l’on a pu, par exemple, appeler Badinter à la Justice, c’était parce qu’il avait d’abord plaidé avec conviction contre la peine de mort et qu’il s’agissait là de la principale réforme demandée au Garde des Sceaux. Le passage du barreau à la vie politique s’était donc fait naturellement. Pour lui, la formation juridique n’était pas un préalable à sa vie politique : il ne s’agissait pas d’une sorte de formation apprenant à dire tout et son contraire. La différence est donc radicale entre un Badinter et un Klarsfled ou une Noachovitch.

Désormais, les choses sont bien différentes. Il ne fait pas bon être énarque. Quand, tel Jean-François Coppé, on est passé par une telle administration, on le cache et on en vient même à demander une équivalence pour devenir avocat.
Au vu des nominations du dernier gouvernement, on comprend une telle attitude. Outre le Président lui-même, les plus grands ministres (Dati, Lagarde, Borloo, Alliot-Marie, Hortefeux, Bertrand) ont une formation juridique.

Cette mutation dans la formation de nos gouvernants montre bien tout le danger de la démocratie. Quand on ne met aucune condition au vote, quand on ne rappelle pas au citoyen qu’il doit user de son vote avec rationalité, on laisse son vote à la merci des meilleurs rhéteurs et des pires démagogues.

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