La faillite de la démocratie

ou

De la nécessité d'un permis de voter
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Analyse sociologique de la Présidentielle 2007

On n’a sans doute pas suffisamment examiné les statistiques sociologiques des votes du premier tour de la Présidentielle 2007. Et force est de constater que ces statistiques ont tendance à accréditer l’idée d’un permis de voter.

Quand bien même la démocratie pousse tous les candidats à l’inflation démagogique, nous allons partir de l’hypothèse que les trois grands candidats républicains (Royal, Bayrou et Sarkozy) défendent un programme plus cohérent que le candidat de l’extrême-droite (Le Pen). Autrement dit, il nous semble que, sans aucun parti pris politique, le fait de voter pour l’un de ces candidats républicains témoigne d’un vote plus sain que le fait de voter pour un candidat qui pousse à la haine de certains de ses concitoyens.
Examinons donc le vote en faveur de ces candidats via le prisme des compétences politiques.

Selon un sondage IPSOS, alors que 75% des Français ont voté pour le trio républicain Bayrou-Royal-Sarkozy, seuls 57% des sans diplômes ont opté pour ce trio. Dans le même temps, ils étaient 22% des sans-diplômes à voter pour le Front National (alors que le FN ne faisant que 10% au niveau national).
A l’inverse, 82% des votants ayant effectué des études supérieures ont voté pour le trio républicain… et ils ne sont que 6% à voter pour Le Pen.
Par ailleurs, on note que les sans diplômes étaient 28% à s’abstenir… contre seulement 7% d’abstention pour les électeurs ayant réalisé des études supérieures.
Si on part de l’hypothèse que les électeurs ayant effectué des études supérieures ont davantage de connaissances politiques que les sans diplômes (et auraient donc plus de chances d’obtenir le permis de voter), on comprend aisément tout l’intérêt d’un permis de voter. Car il ressort de ces chiffres que moins on a de compétences politiques, plus on a tendance à céder au populisme ; plus on a lesdites compétences, plus on opte pour un vote constructif.

En outre, cette étude sociologique constitue une parfaite réponse à ceux qui craignent qu’un permis de voter ne favorise les couches sociales les plus aisées.
En effet, on note que parmi les « revenus modestes » (qui est le plus faible degré de revenus dans ce sondage), ils sont 74% à voter pour le trio républicain… et seulement 10% à voter pour l’extrême-droite. On voit donc que le vote des sans diplômes et celui des revenus les plus faibles ne coïncident en rien.
Autre chiffre allant dans ce sens : les électeurs qui vont au-delà du baccalauréat ont voté pour 29% en faveur de Royal et pour 31% en faveur de Sarkozy ; ce qui tend à montrer que ceux qui seraient les plus aptes à obtenir le permis de voter ne votent pas davantage en faveur du candidat de la droite (censé favoriser les classes les plus aisées).

Par conséquent, on voit bien que le critère discriminant pour juger de la compétence politique des électeurs ne concerne en rien le niveau salarial. A cet égard, le niveau d’études est bien plus déterminant. C’est pourquoi un permis de voter, avec une formation gratuite ouverte à tous, permettrait sans doute de baisser naturellement le poids des candidats les plus populistes ; et inciterait à une déflation démagogique de l’ensemble de la classe politique.

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