L'UDC est désormais le premier parti politique de Suisse. Ce parti vient de faire
une campagne xénophobe marquée notamment par une affiche qui montre trois moutons
blancs boutant un mouton noir hors de Suisse.
Quelles leçons tirer de ce résultat électoral?
Au premier abord, ce résultat n'a rien de surprenant. Après l'Autriche, l'Italie,
la France, la Belgique ou encore les Pays-Bas, ce vote ne fait que confirmer l'émergence
d'une droite raciste qui ne semble pourtant inquiéter personne. Dans chacun de ces pays,
des partis se situant entre la droite extrême et l'extrême-droite arrivent au pouvoir sans
que cela n'émeuve guère.
A quand un sursaut "démocratique"? A quand une réflexion globale qui permette d'expliquer
ce grave problème? Au lieu de cantonner ces résultats à des problématiques locales, il
conviendrait de mener une réflexion sur les racines communes de chacun de ces mouvements.
Nous pouvons notamment en évoquer deux:
- la mondialisation. Alors qu'elle devrait permettre de découvrir d'autres cultures, la
mondialisation, dans sa seule dimension économique, nous fait percevoir l'étranger comme
quelqu'un de dangereux. Car l'étranger n'est plus seulement réduit au statut de l'immigré
venant nous concurrencer sur notre marché du travail. Désormais, l'étranger est également
perçu comme dangereux dans son propre pays via son travail à moindre coût, qui provoque
la délocalisation de sociétés occidentales.
- la démocratie. En se refusant de discuter le système politique qui pousse tous ces
extrémistes au pouvoir, on s'interdit de trouver une solution au choc des extrémistes qui
se prépare. On parle souvent d'un choc des civilisations. Mais il faudrait plutôt parler d'un
choc des démocraties. Entre des pays occidentaux où l'extrême droite arrive au pouvoir, et des
pays orientaux où la démocratie porte des islamistes au pouvoir, l'avenir s'annonce explosif.
Le résultat de l'UDC semble donc s'inscrire dans un mouvement mondial et n'est donc, à ce titre,
guère étonnant. Il ne saurait surprendre que ceux qui refusent de voir l'existence d'un grave
problème dans nos démocraties.
Cependant, il pourrait étonner ceux qui penser trouver, dans une démocratie plus directe, la
solution à ces difficultés. A ceux qui pensent que nos démocraties échouent car elles sont trop
indirectes, qu'elles ne sont pas assez contrôlées par l'ensemble du peuple, on peut désormais
répondre par l'exemple helvète. En Suisse, les votations permettent au peuple d'avoir une prise
bien plus grande sur chaque loi votée par le pays. Mais, en plus de mettre la démocratie encore
plus en porte-à-faux vis-à-vis des intérêts particuliers liés à chaque loi, on voit désormais
que cette forme de démocratie ne solutionne en rien les problèmes rencontrés par des démocraties plus indirectes.
Le problème ne réside pas dans la quantité de pouvoirs délégués au peuple, mais plutôt dans
la compétence dudit peuple dans son ensemble à gérer des questions aux enjeux mondialisés.
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